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Combhard le combattant
Je pourrais évoquer le parcours atypique de Thomas Renaud, des vagues surfées au show room de New York. De son atelier de Biarritz à sa prochaine ligne de bagagerie ou de veste. Je pourrais insister sur son audace coulant de source quand il a la vision de ce qui deviendra sa « french –basque- touch », son crossover  à lui: l’utilisation du néoprène à d’autres fins que nautiques. Je pourrais parler de ses pièces aussi sport que sophistiquées, aussi uniques qu’une empreinte digitale sur la planète Mars. Je pourrais le remercier pour cet anti conformisme cool qui rend des couleurs à la grisaille du quotidien. Mais ce serait un en deçà du niveau de la mer d’où il sort, amphibesquement.
Thomas Renaud traverse la vie grâce à ses prudences, il ne l’aime que grâce à ses folies. Il le sait, avec la ruse on va peut-être loin mais avec le courage on va longtemps. Tout à l’heure, j’en suis sûr, il lèvera son verre « à ce qui commence » car il préfère célébrer qu’être célèbre. Sa nature, il la cultive. Ses principes aiment la grandeur, son cœur la vérité, ses sens l’absurde. Il aiguise ses goûts au contact des choses qui savent la beauté par coeur.
A l’inverse de ce qu’on imagine, je me dis qu’il trouve l’extravagance impersonnelle : il considère un vêtement ou un vernis bien choisis suffisants pour signer un chic instinctif. Vêtus de ses créations, le naturel est la langue que nos gestes parlent.
Il n’accorde de valeurs qu’à ce qui n’a pas de prix : le temps libre, l’espace, le silence, le secret, le plaisir…A la quantité, il préfère le symbole.  Ainsi de ses vestes qui rayonnent d’une souveraineté scandaleusement décente. Il n’accorde pas l’importance qu’ils se donnent à ceux qui pensent que leurs bateaux, leurs intérieurs, leurs chevaux les expliquent.
Il choisit tout, ses coupes, ses matières, un beignet abricot, comme on répond à une question de principe.
Il ne se prétend pas original comme tout le monde, il se montre simple comme personne.
Mathieu Terence